13/08/2011

Il faut qu'on parle de Kevin - Lionel Shriver

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Le livre: C'est un livre à ne surtout pas rater pour tous les amateurs de psychologie (de l'adolescence, de la famille et de la société) et des histoires à rebondissements. Eva menait quasiment la vie parfaite: l'homme idéal, la maison idéale à l'Upper East Side et un job de rêve. Mais vient le jour où le couple, précisément Franklin le mari, se trouve confronté à "une crise existentielle". Celle-ci finit par aboutir à la conception d'un enfant. Eva avait consenti au voeux de son mari plus par défi qu'autre chose. Elle pensait avant tout au bonheur de son homme. Sauf que cette décision annonçait le début de la fin de sa vie. Une chute libre s'en suit. Elle perdra à jamais sa vie quasi parfaite; ses tours du monde et l'attention de son mari. Elle se retrouve avec un fils pour qui elle ne ressentira presque rien de maternel, un fils qui se trouve être dans la même position, en pire. Kevin sera tout sauf un "enfant normal" . Il ne fera qu'essayer de l'être, surtout face à son père qui lui fera confiance aveuglément, au point de perdre toute complicité avec sa femme et de mettre son mariage en péril.Ce livre arrive à poser une infinité de questions à travers les lettres d'Eva à son mari. Sommes-nous toujours le fruit de notre éducation ? Pouvons nous naître avec le gène de l'indifférence totale encré en nous ? Y a-t-il des limites à poser à la compréhension des "criminels" ? Que ferions-nous de notre quotidien, de notre vie, s’il n’y avait pas ceux des autres à observer? 


Extraits:
"Ben voilà, c'est comme ça. On se réveille, on regarde la télé, on monte en voiture, 
on écoute la radio. On va à son petit boulot, ou dans sa petite école, mais de cela on n'entendra pas parler aux infos de six heures vu que, devinez : il ne se passe rien en vérité. On lit le journal, et si on n'est pas trop dans ce genre de truc, on lit un livre, ce qui est exactement la même chose que regarder la télé, mais en encore plus rasoir. On passe la nuit devant la télé, ou bien on sort pour aller regarder un film, et peut être qu'on aura un coup de fil qui permettra de raconter à des amis ce qu'on a regardé. Et vous savez, c'est devenu tellement grave que j'ai remarqué les gens, à la télé, dans le poste : la moitié du temps, ils sont en train de regarder la télé. Et quand on a droit à une histoire d'amour dans un film, ils font quoi ? Ils vont regarder un film. Tous ces gens, Marlin... (Et d'interpeller l'interviewer d'un hochement de tête) ... ils regardent quoi?"  Après un blanc gêné, Marlin a meublé : "A vous de nous le dire, Kevin.
 -Des gens comme moi."

20/07/2011

Crime et Châtiment - Fédor Dostoïevski

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Le livre: Il y a quelques temps, même très récemment quand je m’étais mise à lire « Voyage au bout de la nuit » de Céline, j’étais certaine que je n’aimerais jamais ces grands livres qui racontent chaque bribe de la vie d’un personnage qui souvent n’est qu’un vil et misérable homme. Et puis je lus du Doestoïevski. Une plume légère et raffinée mais ô combien noble. Et ce Rodia, cher Rodia…Comme pour chaque livre que j’apprécie beaucoup, ce personnage n’est pas prêt de quitter ma vie de si tôt. A travers cette lecture, j’ai été le Dr. Eckleburg pétersbourgeois de Crime et Châtiment. Je me suis baladée du trou où habitait Raskolkinov jusqu’à la Sibérie. J’ai senti la misère des habitats, la débauche des cabarets et plus que tout la fièvre chaude de Rodion. J’ai même failli verser une larme tout au long de la dernière partie. Dostoïevski a tout simplement l’art de transmettre la réalité dans tout ce qu’elle a d’unique et de vrai mais avec une simplicité ingénieuse. A chaque parole d’un personnage, on se sent aspiré en lui. Crime est châtiment, avant d’être un témoignage de l’Homme pauvre et solitaire et du monde en général qui le berce, est avant tout une grande expérience pour celui qui saurait l’apprécier, non pas pour sa dureté mais pour ce qu’elle apporte en général de sentiments divers et confus, de leçons de vies.

 Extraits:
"L"homme s'habitue à tout, le lâche."

"Ce n'est pas devant toi que je me suis prosterné mais devant toute la souffrance humaine."

"Vois-tu, je ne cessais de me demander alors pourquoi j'étais si bête que, sachant que les autres le sont et en étant sûr, je ne cherchais pas à être moi-même plus intelligent qu'eux. J'ai appris par la suite, Sonia, que s'il fallait attendre que tous fussent devenus intelligents, il faudrait attendre trop longtemps...Puis j'ai appris aussi que cela ne sera jamais, que les hommes ne changeront pas, qu'il n'y a personne pour les changer et que cela n'en vaut pas la peine ! Oui, c'est ainsi ! C'est pour eux une loi... une loi, Sonia ! C'est ainsi ! Et je sais maintenant, Sonia, que celui qui est fort et ferme dans son âme et par son intelligence, celui-là est aussi leur maître ! Celui qui ose beaucoup a raison à leurs yeux. Celui qui peut mépriser le plus fait la loi chez eux, et celui qui peut oser le plus, celui-là a le plus raison. C'est ainsi qu'il en était jusqu'à présent, et il en sera toujours ainsi !"

11/07/2011

En attendant Godot - Samuel Beckett

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Le livre: Qu'y a-t-il vraiment à dire de cette pièce de théâtre ? Si ce n'est qu'on l'aime ou on ne l'aime Pas.
Non amateurs de l'absurde s'abstenir. En attendant Godot est la retranscription quasi parfaite de moments précis de notre vie si ce n'est d'une grande part de notre vie, son quotidien précisément. L'attente, la solitude, les autres. Tels sont pour moi les principaux thèmes abordés dans cette pièce à travers ses personnages. Beckett peint le tableau des hommes à la vie vile. Notre vie. Un ensemble de petits riens (des objets ; des chaussures, un chapeau), un ennui interminable, la recherche de trésors dans un trou noir et l'attente de ce qui ne viendra jamais.Vous pourriez appeler cela absurde, laid ou morbide. Mais moi je dirais plutôt que c'est un des exercices les plus difficiles : Faire jaillir de tous nos malheurs la beauté qu'ils pourraient cacher, autant que possible, En attendant Godot…


Extraits:
"Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent."

"Un beau jour, je me suis réveillé, aveugle comme le destin. (Un temps.) Je me demande parfois si je ne dors pas encore."

10/07/2011

Gatsby le magnifique - Francis Scott Fitzgerald

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Le livre: Gatsby est un homme jeune en apparence mais au fond, il aurait presque fini de vivre sa  vie. D’ailleurs, il ne vit plus que pour voir se réaliser son rêve le plus cher. Son quotidien, sa maison, ses relations et ses sentiments nous sont décrits à travers les yeux de Nick Carraway, son voisin qui s’est trouvé intrigué par le personnage de Gatsby et qui, au fur et à mesure, apprendra à le connaitre, mieux que personne.
Fitzgerald réussit dans ce roman à nous retransmettre une vie bourgeoise américaine sur fond de musique jazz. Pour arriver à ses fins, il préfère les profils de ses nombreux personnages plutôt qu'à une critique directe, ce qui finalement donne son charme au roman.

Extraits:
"J'espère qu’elle sera idiote. Pour une fille, c’est la meilleure place à tenir sur terre – celle d’une ravissante idiote."

Et les deux dernières phrases que je m'abstiens de mettre ici pour ne pas gâcher le plaisir de les lire, pour ceux qui le feront :).

21/06/2011

L'attentat - Yasmina Khadra

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Le livre: L’attentat raconte la descente en enfer d’un chirurgien palestinien naturalisé juif qui croyait vivre sa vie longtemps rêvée ; Amine mariée depuis dix ans à Sihem vit dans le luxe à Tel-Aviv. Couple en apparence heureux et parfait, un attentat terroriste va un jour tout basculer.
Pourquoi des gens qui possèdent l’essentiel iraient se faire déchiqueter en morceaux dans un restaurant où des enfants célèbrent une fête ? Que deviennent les sentiments de compassion et d’empathie face à un combat spirituel et une guerre pour la dignité ?
Le conflit israélo-palestinien est exposé ici comme il peut l’être dans plusieurs autres œuvres mais ici Yasmina Khadra « ose » accentuer le regard de ceux qui ont choisi la mort comme arme de combat. L'horreur des actes djihadistes nous renvoient à un jugement subjectif des faits mais en fin de compte cette même horreur ne représente-elle pas un miroir de la réalité ? Est-ce l'acte en lui-même qui est absurde ou ce qui l'a fait déclencher ?
Autant de questions que nous pousse le livre à nous poser.

Extraits:
"Il n'y a que deux extrêmes dans la folie des hommes. L'instant où l'on prend conscience de son impuissance, et celui où l'on prend conscience de la vulnérabilité des autres. Il s'agit d'assumer sa folie, ou de la subir."

"On ne choisit pas son destin, mais c'est bien de choisir sa fin. C'est une façon démocratique de dire merde à la fatalité."

18/05/2011

Les nourritures terrestres, suivi de Les nouvelles nourritures - André Gide

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Le livre: C'est un livre mis dans ma liste d'attente depuis un bout de temps. Il m'avait l'air très connu ainsi qu'André Gide que je ne connaissais pas encore. Les nourritures terrestres est le premier livre à grand succès de cet auteur. Certains le considèrent comme une bible, celle du plaisir et de la joie de vivre, celle qui convertit à la volupté et au savoir vivre comme dirait son auteur. Les premières pages du livres sont pour ma part aussi remplies de paroles sages et prophétiques. Mais le reste m'a déçue. A titre personnel, les longues descriptions détaillées m'ennuient. Et pendant tout "Les nourritures terrestres", Gide ne fait que cela; décrire chaque point de chaque image de chaque décor de la nature qu'il verra ou imaginera. A noter aussi la stylistique qu'il utilise; un ensemble de petits extraits écrits de-ci de-là. C'est, pour résumer, une sorte de carnet de pensées.
Puis viennent "Les nouvelles nourritures" avec un retour au côté biblique des paroles d'André Gide. On y retrouve ses critiques notamment de la religion qui désapprend à vivre et des hommes qui perdent de leur humanité pour avoir nié leur pouvoir du changement qui devrait "ne tenir qu'à eux". 
Gide sait parler aux lecteurs en deux trois mots. Il a cette capacité de laisser bouche bée en deux phrases successives. 
Pour résumer donc, ma lecture aurait été une grosse déception s'il n'aurait pas eu les merveilleux début et fin de ce livre que je conseillerais tout de même rien que pour cela. 


Extraits: 
"Que chaque attente, en toi, ne soit même pas un désir, mais simplement une disposition à l'accueil. Attends tout ce qui vient à toi, mais ne désire que ce qui vient à toi. Ne désire que ce que tu as."

"...Que ton désir soit de l'amour, et que ta possession soit amoureuse."


"Que ta vision soit à chaque instant nouvelle. Le sage est celui qui s'étonne de tout. "

"Il y a des maladies extravagantes.
Qui consistent à vouloir ce que l'on n'a pas."



"Parce que ma bouche se tait, pensez-vous que mon coeur se repose?"

"L'homme se dégagera peu à peu de ce qui le protégeait naguère; de ce qui désormais l'asservit."

10/05/2011

Manifeste du Parti Communiste - Karl Max & Friedrich Engels

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Le livre: Le manifeste a été rédigé en 1848 tout juste avant la révolution française du prolétariat. Quand on lit ce genre de livres immortels, c'est plutôt important de se situer dans la période où il ont été écrits. Et de ce fait, on peut dire que Marx, Engels et tous ceux qui ont contribué à l'élaboration de ce manifeste, sont des génies. Ce manifeste est tel les livres religieux éternels (ou pas) qui garderont toujours malheureusement, et soyons réalistes, leur côté sage et ingénieux inexploités. Marx a dit que celui qui ne connait pas l'histoire est condamné à la revivre, et l'histoire nous a montré que l'homme n'a rien appris d'elle et qu'il ne fait que suivre le rythme de ceux qui ont, eux, décidé d'écrire l'histoire. Le père fondateur du communisme nous a aussi fait remarquer que c'est la société qui fait notre conscience et non le contraire, et depuis des lustres, la société n'a fait que créer des individus avides de pouvoir et de possession face à d'autres qui oeuvrent indirectement à rassasier la faim des premiers au détriment de leur propre réelle faim.
Vous remarquerez que j'évite d'utiliser les deux termes essentiels de ce manifeste qui sont "bourgeoisie" et "prolétariat" ou sinon je me serais fait traité de marxiste! "Moi, je ne suis pas marxiste." disait Marx lui-même. Toujours cette éternelle propagande de toute idée qui ose s'opposer à une nature du monde qui est censée être originelle et qui régnera à jamais. Toujours cette peur du différent, du nouveau qui pourrait porter atteinte à notre sécurité. Sécurité? Ma foi. Une énorme bulle de matrice. Et combien d'individus après avoir terminé de lire ce manifeste, porteront en eux l'âme d'un révolutionnaire et se voudront cracher à la figure de tous les oppresseurs de ce monde parce que ces quelques lignes prometteurs d'un nouveau monde l'auront convaincu...Mais ils se retourneront, regarderont par leur fenêtre, et verront des visages éteints. Ils penseront alors qu'ils sont seuls, qu'ils ont juste été parcourus par une vague utopiste et que maintenant ils devront aller dormir, parce que demain il sauront leurs dix heures de boulots à exécuter. 

Extraits: Juste une citation de Marx (qui ne fait pas parti du manifeste): 
"Nous ne nous présentons pas au monde en doctrinaires avec un nouveau principe en lui disant: voici la vérité, c'est ici qu'il faut tomber à genoux. Des principes du monde nous tirons pour le monde des principes nouveaux."
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